Passerelle sur le Nant-Bordon, la commune a désigné le maître d’œuvre

L’entrée du chemin qui mène au passage effondré de l’ancienne route du Lac Vert le 22 mai 2019. Un lieu sûr comme l’indique le panneau.

Le maire Patrick Kollibay et son adjoint André Payraud sont heureux. Ils vont bientôt voir leur « grand » projet de fin de mandat démarrer, puisqu’ils ont désigné l’entreprise qui réalisera à la fois l’étude de conception et les travaux (en général on choisit deux opérateurs différents l’histoire d’optimiser les compétences et d’éviter les raccourcis simplistes).

Soyons rassurés. Si l’entreprise désignée n’a jamais réalisé ce type de passerelle, elle devrait respecter le budget fixé. Ouf !
Rappelons que 826 000 € sont prévus, dont 200 000 € provenant du Département et 200 000 € de la Région, ce qui laisse près de 426 000 € à la charge de la commune. Mais comme le projet avait déjà augmenté de 20 % entre le vote de la demande de subvention en février 2018 et le budget supplémentaire de l’automne, la barre du million d’euros devrait être atteinte. Aux études de sols supplémentaires, il faudra ajouter la réfection du cheminement amont et aval sur l’ancienne route du Lac Vert, sans oublier les parkings envisagés aux deux extrémités par le maire et son adjoint à l’environnement. La route s’est effondrée en 1983 ? C’est bien l’époque où ils sont restés bloqués, le règne du tout voiture…

D’ailleurs, profitons-en pour rappeler que contrairement à ce qui avait été promis par le maire, nous n’avons jamais voté de délibération autorisant cet investissement. Uniquement une demande de subvention. Un tour de passe-passe dont la majorité s’est fait une spécialité pour éviter tout débat et les questions qui dérangent.

L’étude géologique atteste que les 2 berges continuent de s’éroder…

Un investissement dans le vide ? Pensez-donc ! Ce sera le grand frisson assuré avec ses 30 m sous les pieds et son éclairage d’origine solaire ! Le Pas de l’Aiguille du Midi n’a qu’a bien se tenir. Si notre célèbre voisine génère des recettes via le téléphérique, la passerelle engendrera outre son coût disproportionné, de nouvelles dépenses de fonctionnement. Le bureau d’étude recommande en effet « un entretien hebdomadaire en cas de forte fréquentation, ou mensuel si la fréquentation est normale ». Des inspections détaillées seront obligatoires tous les cinq ans et une visite au bout de 30 ans. Bien entendu, la commune devra s’adjoindre les services d’un organisme de contrôle spécialisé.

Et l’hiver, il faudra bien la déneiger pour réduire la charge sur ses 160 m de portée et éviter de l’endommager ? L’épaisseur de neige ne risque-t-elle pas de réduire la hauteur des gardes-corps et d’accroître le risque de franchissement des usagers ? Qui sera chargé de l’entretien courant ?
Apparemment, le maire et ses adjoints n’y avaient pas encore pensé…

La passerelle se situera en limite de zone rouge du Plan de Prévention des Risques Naturels. Une sacrée responsabilité pour le maire.

You may also like...

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.