Origines de la pollution aux particules fines dans la Vallée de l’Arve, la réalité des chiffres

Après son silence assourdissant, la volte-face de Laurent Wauquiez. On ne peut pas dire que lui et son équipe LR-UDI aient brillé par leur engagement contre la pollution. Ces derniers jours, le buzz généré par une nouvelle série de mesures commandées par un collectif militant, occupe la majorité de l’espace dans les médias locaux. Le Président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes vient de déclarer son soutien aux habitants de la Vallée de l’Arve qui avaient porté plainte contre l’État, alors que c’est sa collectivité territoriale qui détient la compétence « Environnement » et « Transports »…

Au-delà de l’agitation médiatique, les données scientifiques. Il existe depuis 2017, deux études relatives aux conséquences de la pollution atmosphérique dans la Vallée de l’Arve entre Genève et Chamonix.

La première porte sur l’exposition quotidienne à la pollution de l’air sur plusieurs années. En particulier aux particules fines favorisant le développement de maladies chroniques : maladies cardiovasculaires, respiratoires, neurologiques, cancers etc. La seconde étude porte sur les effets à court terme (conséquences survenant quelques jours après une exposition). Cette pollution de pics peut déclencher des symptômes irritatifs, toux, picotements des yeux, hypersensibilité favorisant des infections ou aggraver les symptômes d’une maladie préexistante.

Source : Atmo Auvergne Rhône Alpes 2012-2013

Revenons à la première étude sur les effets à long terme. Diligentée par le Ministère de la Santé et publiée en septembre 2017, elle analyse les conséquences de la pollution atmosphérique sur le périmètre précis de la Vallée de l’Arve. En raison du temps d’analyse et de traitement des données, elle s’est concentrée sur les années 2012-2013, afin de pouvoir publier des résultats en 2017. Trois phases furent nécessaires à son élaboration.
  1. Première étape : l’analyse des principales sources d’émissions de particules fines PM10 et PM2,5 pour la période 2012-2013. Données que l’on observe également sur une plus longue période.
  2. Deuxième étape : la compilation statistique des données médicales et l’étude de corrélation avec les données de pollution disponible. Cette analyse est longue et nécessite la validation médicale de toutes les données disponibles.
  3. Troisième étape la validation par un expert indépendant du rapport d’analyse pour valider le texte et l’étude.

Ainsi, l’analyse des sources d’émissions de PM10 et PM2,5 donne les contributions suivantes :

  1. Le résidentiel / tertiaire : 64% – 70 %
  2. Le transport routier : 19% – 17%
  3. L’industrie : 14% – 11 %
  4. L’agriculture : 2% – 2%

Rappelons que le terme « industrie » désigne l’ensemble des entreprises industrielles de la zone géographique étudiée, comprenant le décolletage et la mécatronique mais aussi les scieries et tout le secteur de production de masse lié au bois.

Les auteurs précisent bien que « compte tenu des incertitudes inhérentes à la méthode de modélisation, au choix des années et à la difficulté de l’analyse médicale, les résultats présentés, exprimés en décès anticipés ou années de vie perdues, sont des ordres de grandeurs qui permettent seulement d’avoir une estimation globale de l’ampleur du phénomène ».

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